Vous nous avez écrit ...
Vous nous avez écrit ...
Cher Thierry,
C'est une chose spéciale que d'avoir une oeuvre d'art chez soi, un petit bout d'un artiste, de son histoire mystérieuse, de son élan créateur. C'est la première oeuvre que nous achetons, jusque là nous ne nous étions jamais décidés.
Et voilà nous avons maintenant cette fenêtre supplémentaire dans notre appartement ; c'est une mise en abîme magnifique que d'avoir l'impression de regarder par la fenêtre du passage Champ Marie depuis mon appartement de Courbevoie ... Je ne me lasse pas de me raconter les vies des habitants derrière leurs fenêtres... Et cette vue qui vous a inspiré, dans une autre surprenante mise en abîme, m'inspire à mon tour, car je suis écrivain à mes heures perdues...
C'est étrange cette sensation que vous avez peint des vues que j'ai tant de fois photographiées mentalement, que vos tableaux ont rencontré, racontent quelque chose de ma vie... Même quand ce ne sont pas toujours les mêmes lieux.
Rentrer la nuit en banlieue, et quand la mélancolie me saisit après une soirée tourbillonnante et arrosée, m'arrêter pour allumer une clope et rester là tout à coup à regarder un paysage qui m'émeut inexplicablement.
Partir dans la nuit feutrée avec le camion rempli de copains pour aller à des fêtes.
Se demander pourquoi la lumière prend ici cette teinte orangée si particulière, pourquoi les nuages semblent me parler, pourquoi le ciel de la ville me permet de m'évader à ce point.
Cette lumière, cette atmosphère je les ai retrouvées avec étonnement et bonheur dans vos tableaux. Je n'ai aucune idée de ce qui vous a poussé à peindre ces vues-là, peut-être un jour aurons-nous l'occasion d'en parler !
Je suis rentrée hier soir d'un concert au Zénith, en passant par Pantin, et le long des quais face aux Moulins (un coin où j'ai passé de longues soirées jusqu'au petit matin à refaire le mondre avec mes amis, avant que les Moulins ne soient rénovés) il y avait cette vue avec le canal, la route au-dessus, les lampadaires... J'ai pensé à vous à ce moment là... J'espère que vous allez continuer à peindre ces paysages urbains qui me touchent tant,
meilleures amitiés, Amandine.
à propos de Thierry Mazal